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Dans l'ouragan de la folie des hommes

Un père expatrié français en quête de réussite, une mère réfugiée rwandaise en quête de sécurité, une petite soeur sans problèmes et des amis avec lesquels faire les 400 coups dans le quartier de Bujumbura où il grandit, une vie heureuse en somme pour Gaby. Mais les jours heureux se fissurent avec l'arrivée du printemps, les premières élections libres et l'irruption de la peur, de la haine et de la violence. Gabriel voit alors son monde s'effondrer : « Je n'avais pas d'explications sur la mort des uns et la haine des autres. La guerre, c'est peut-être ça, ne rien comprendre » Dans l'ouragan de la folie des hommes, Gaby surnage, en apnée. Il continue à avancer jour après jour, malgré l'horreur de la folie de sa mère, malgré le sifflement des machettes, malgré les morts sur les routes. Même si ce roman traite d'un sujet terriblement douloureux, Gaël Faye a le talent de le faire avec une écriture éminemment poétique et musicale et réussi à nous faire partager le bonheur simple d'un enfant, comme les mangues savoureuses dégustées à même les arbres, les odeurs des bougainvilliers, les chaudes après-midi sans fin à errer avec une bande de copains, à rêver, élaborer des plans à l'intérieur d'un combi Volkswagen défoncé… Je joins ma voix au concert de louanges qui ont salué ce « Petit pays », un premier roman brillant, touchant, plein d'humour et d'une profonde humanité.
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